Chez les Grecs, comme chez tous les peuples antiques, le mariage
a toujours été sous le contrôle parfois très strict de l'état.
Le mariage était considéré comme une affaire à la fois privée et
publique.
Chaque citoyen était pour ainsi dire obligé de se marier car l'état
considérait du devoir de chacun de laisser une descendance légitime
et saine pour garantir la continuité de la race.
A Sparte par exemple, on pouvait intenter des poursuites criminelles
contre ceux qui se mariaient trop tard ou qui contractaient une
union mal assortie, aussi bien contre ceux qui refusaient de se
marier. Ces dispositions légales étaient fondées sur le principe
généralement admis dans toute l'antiquité, qu'il était du devoir de
chaque citoyen de donner à l'Etat une race forte et vigoureuse
d'enfants légitimes. En fait chez les Spartiates, la procréation
était tellement considérée comme l'objet principal du mariage,
qu'une femme qui n'avait pas d'enfants de son mari légitime, était
non seulement autorisée, mais incitée par la loi de l'Etat à
cohabiter avec un autre homme. C'est dans ce cas particulier que la
bigamie était autorisée. A une certaine époque l'Etat comme on l'a
dit poursuivait les célibataires en justice.
En dehors de cette incitation de
l'Etat, le citoyen voulait perpétuer son nom, craignait la
dispersion de son héritage et surtout voulait s'assurer de laisser à
sa mort une personne pour faire sur sa tombe les offrandes
accoutumées.
Chez les anciens, le choix d'une épouse était rarement fondé sur
l'affection. Fort souvent, le père choisissait pour son file une
épouse une jeune fille qu'il n'avait jamais vue ou le forçait au
mariage pour faire cesser les folies de sa jeunesse.
En général, le consentement de la femme n'était pas considéré comme
nécessaire au mariage; elle était obligée de se soumettre au désir
de ses parents et de recevoir de leurs mains un inconnu pour être à
l'avenir son époux et son maître.
Le résultat d'unions contractées de cette manière, devait
naturellement produire un manque de confiance et d'harmonie entre
les époux, du moins jusqu'à ce qu'ils se fussent habitués l'un à
l'autre.
- Les lois d'Athènes défendaient à un citoyen sous des peines très
sévères, d'épouser une femme étrangère, et réciproquement à une
Athénienne d'épouser un étranger.
Quant aux liens du
sang, dans aucune région de la Grèce antique, sauf
à de rares exceptions, ils ne constituaient pas un obstacle au
mariage. La seule interdiction absolue était celle qui prohibait le
mariage entre ascendants et descendants.
Ainsi, le frère pouvait épouser sa sœur pourvu qu'elle ne fût pas
née de la même mère.
A Athènes, quand un père mourait intestat et sans enfant mâle, son
héritière ne pouvait choisir son époux. La loi l'obligeait à épouser
son plus proche parent non marié dans la ligne collatérale; en
revanche, si elle était pauvre, le plus proche parent était tenu
soit de l'épouser, soit de lui donner une dot selon son rang.
Lorsqu'il y avait plusieurs cohéritières, elles épousaient les
parents les plus rapprochés, et le plus proche parmi eux,
avait le droit de choisir celle qu'il préférait.
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