L'Esclavage- Il n'est pas besoin d'employer de grands mots pour raconter cette page noire qui continue  encore, à souiller l'histoire de l'humanité toute entière et le quotidien de beaucoup d'hommes sur la terre. Tous les prétextes restent bons pour que des hommes asservissent des hommes.
Suite.. de polémique et imposture
La traite transatlantique s'est présentée brusquement sur ce fond historique et ce besoin économique ; elle a renouvelé une forme d'esclavage propre aux pays Européens. On sait le principe abominable sur lequel repose la traite; on sait les crimes commis sur les personnes au cours du transport et personne ne peut dire un seul mot en faveur de cette pratique même si pendant des siècles ceux qui en tiraient profit avaient bonne conscience. On sait que la prospérité de l'Europe dont se gargarisent les manuels d'histoire vient de l'exploitation abusive et toujours inégale des terres lointaines et de leurs populations. Mais on ne peut pas nier que la traite est une affaire d'esclavagistes des deux côtés de l'atlantique. Il y avait des transactions commerciales qui se traitaient sur la côte africaine : des Africains livraient des Africains, à une filière commerciale européenne ou arabe.
Ce qu'il y a de particulier, c'est que d'un côté les Africains faisaient selon leurs coutumes et l'état de leur réflexion sur la condition humaine, et de l'autre les Européens agissaient au mépris des principes de leur propre civilisation. Mais l'homme est ainsi. De nos jours, il y a bon nombre d'entreprises qui avec la complicité de leurs gouvernements, exploitent des populations dans des conditions quasi esclavagistes ; et cela va durer puisque l'idéologie mercantile a l'exclusivité du champ de la réflexion sur la marche du monde.
Mais tout cela étant dit, on sera très embarrassé pour demander des comptes. On doit classer l'esclavage au rang de crime contre l'humanité, mais on doit mettre dans le même lot tous les esclavages. L'Inquisition dans sa pratique a été un crime contre l'humanité puisqu'elle visait la destruction d'une conscience collective et l'extermination des populations considérées comme hérétiques; cela au mépris des principes qu'elle prétendait promouvoir. L'esclavage ne visait pas l'extermination ; cela n'aurait pas été très rentable du point de vue économique; et c'était une affaire économique. Au contraire, dans les plantations américaines, la multiplication des esclaves était un enrichissement du cheptel humain. Mais l'esclavage est un crime contre l'humanité où qu'il s'est pratiqué et où qu'il se pratique encore.
Il reste que la grande imposture est de chercher les bienfaits de la colonisation dans l'histoire douloureuse des peuples asservis. C'est une imbécillité et une insulte aux descendants à quelque degré que ce soit des millions d'hommes victimes de la servitude et de la domination venue d'Europe. Il est vrai que certains sauront nous dire les bienfaits du nazisme, les bienfaits du massacre de Verdun, les bienfaits de la décimations des peuples d'Amérique, de l'apartheid... Dans la réalité, les bienfaits c'est ce qui a été épargné ; ce serait la reconnaissance qu'on devrait avoir vis-à-vis du colonisateur qui n'a pas tout détruit de ce qu'il a adapté à ses besoins et de ce qui a résisté à la destruction. Il n'y a pas de bienfaits donc à chercher, et il n'y en a pas à trouver.

Qu'un sang impur...>>