L'Esclavage- Il n'est pas besoin d'employer de grands mots pour raconter cette page noire qui continue  encore, à souiller l'histoire de l'humanité toute entière et le quotidien de beaucoup d'hommes sur la terre. Tous les prétextes restent bons pour que des hommes asservissent des hommes.
 Polémique :
Qu'un sang impur...
On sait la polémique autour de ce couplet de la Marseillaise. "Qu'un sang impur abreuve nos sillons".
Certains voudraient que la Marseillaise soit réécrite avec des paroles plus douces, appelant à la paix et à la fraternité entre les peuples.
Le sang impur serait celui de ceux qui ne seraient pas blancs et français de souche. En somme, ces paroles de la Marseillaise seraient racistes ?
On est étonné que dans un pays où il y a tant d'intellectuels qui nous font chaque jour la leçon d'histoire il ne s'en soit jamais trouvé un pour expliquer que les mots ont un sens et une histoire.
Sans aller évoquer longuement l'histoire du temps et la réalité politique et militaire du temps de la Révolution française, restons-en au sens des mots à l'époque, et maintenant encore.
On dit aujourd'hui:
- Un homme de cœur (s'il s'en trouve): pour dire un homme généreux et fraternel.
- Avoir du cœur à l'ouvrage : être courageux à l'effort
- courageux du latin cor, cordis qui signifie le coeur comme siège de l'affection et du courage.
Dans un cœur fort, coule un sang généreux ; celui du courage et de l'honneur, dévoué à la bonne cause et l'intérêt général.

Chacun pourra trouver plus de cent expressions désignant le cœur comme le siège des plus grandes qualités humaines de sensibilité et de courage.
 Rouget de l'Isle "co-auteur" de la Marseillaise (Strasbourg, fin juin 1790)
-
Dans Le Cid de Corneille, Don Sanche grand personnage de la cour, a reçu un soufflet. Il fait appel à son fils Rodrigue pour le venger et laver l'honneur de la famille.
Il lui dit:
Rodrigue as-tu du cœur ? (es-tu un homme de courage et d'honneur?)
Rodrigue qui a accepté cette mission dit après en avoir délibéré avec lui-même au cours des fameuses stances:
"Je rendrai mon sang pur, comme Je l'ai reçu".
Cela veut dire qu'il va venger et rétablir l'honneur de la famille
Le sang pur signifie le sang du courage, sans lâcheté ou corruption. C'est le sang rouge, celui qui sort du cœur.

Le sang bleu est le sang des lâches et de la traîtrise : le sang impur.
Les lâches sont ceux qui refusent l'égalité entre les hommes et qui ne pensent qu'à franchir les frontières pour monter une armée contre la France. Dans ce temps-là, ce sont les "aristocrates". Ce terme est né autour de 1789 pour désigner, non pas les nobles (ceux qui avaient à un degré quelconque une parenté avec une famille régnante), mais ceux qui refusent les acquis de l'abolition des privilèges de la nuit du 4 août et manipulent Louis XVI pour qu'il trahisse la Révolution. Ils complotaient même pour l'assassiner. Ce sont les "sang bleu". Car le contresens courant consiste à désigner les gens qui peuvent prétendre à un titre nobiliaire comme étant de sang bleu. Non, le sang bleu est celui de la lâcheté et de la trahison.
Tous les nobles n'étaient pas aristocrates et tous les aristocrates n'étaient pas des nobles.
La Marseillaise

Les couplets de la Marseillaise ne font donc aucune allusion raciste. Redisons-le : Le sang impur est le sang des traîtres

On doit savoir aussi que la Révolution avait décidé la libération des esclaves des colonies auxquels on reconnaissait les droits civils, déjà accordés aux affranchis et aux métis.
La révolte des esclaves de Haïti par exemple, a été provoquée par un vrai coup de force des propriétaires esclavagistes qui ont refusé l'expression politique accordée à une députation des esclaves qu'ils ont exterminée et ont mené une répression sanglante contre ceux qui réclamaient leurs droits et contre les blancs qui étaient assez nombreux à leur côté. En fait, les propriétaires avaient fui et ce sont les régisseurs qui se sont approprié les domaines qui ont été transmis à leurs descendants.
Quand on relit toutes les atrocités qui ont été commises par, et à cause de ceux qui ont combattu la Révolution, on comprend l'ardeur guerrière des couplets de la Marseillaise. Le sang impur n'était pas celui des étrangers, mais celui des traitres à la nation, c'est à dire des français ennemis de la Révolution.
On comprend aussi le courage et la détermination du peuple de Paris face aux intrigues de Marie-Antoinette, de l'Autriche, la Hongrie, la Pologne, la Papauté (les plus enragés) et à un degré moindre, l'Angleterre.
En fait tous les acquis sont venus des délibérations des assemblées qui ont longtemps ménagé le roi. Rien n'a jamais été acquis par les atrocités et les crimes.

Gardons donc notre Marseillaise comme elle est.