Il arrivait que l'on fût obligé d'alléger le navire au cours d'un tempête; alors on jetait par-dessus bord un certain nombre de ces malheureux passagers. Dans les temps où la traite étant interdite par certaines nations, des croiseurs repéraient en pleine mer des négriers. Alors toute la "cargaison humaine" pouvait être jetée à la mer pour effacer toute trace du crime.
Une fois arrivés en Amérique, commence alors pour les captifs une vie de souffrance à creuser le terre sous les fouets et livrés à la cruauté de leurs maîtres sans aucun recours. On imagine les tortures infligées à ces hommes, l'exploitation de la femme noire par son maître. Toutes ces turpitudes sont commises par des hommes qui se disent chrétiens.
Petit à petit, les principes du christianisme chez des individus hors de l'institution, vont prendre le dessus et l'esclavage qui atteint plus le bourreau que sa victime dans sa dignité humaine, commencera à soulever la réprobation. 
Il  ne faut pas oublier que malgré les timides protestations de l'église catholique dans les premiers temps, l'acte moral fondateur de cet odieux trafic date de 1493. Cette année-là, le pape, au nom de l'enseignement de Jésus, disposa des nouvelles terres découvertes en attribuant à l'Espagne la souveraineté des terres découvertes par Christophe Colomb, ainsi que celles de toutes les terres qui pourraient être découvertes dans la même direction. Le pape disposait ainsi du monde non chrétien à sa guise . Le clergé trouvait dans la Bible, traditions et légitimation de cette pratique si contraire à l'enseignement du Christ. Selon une ligne fictive tirée du nord au sud par le méridien de la grande Canarie, près de la côte occidentale de l'Afrique, il donna l'Occident à l'Espagne et l'Orient au Portugal.
Les autres nations de l'Europe ne reconnurent pas la validité de cette donation, non pas sur le principe du droit international ou de la morale, mais seulement parce qu'elle n'en avaient pas une part. L'Eglise catholique donc, sous l'autorité du pape, autorisa la conquête et la destruction de peuples innocents et de leurs civilisations.
Les esclaves méprisés n'avaient pas la dignité reconnue de leur humanité, mais ils étaient capables d'apprendre et de s'instruire. Les bonnes volontés laïques ou religieuses qui œuvraient à cette instruction ont aidé à l'émancipation par l'école. Les maîtres souvent incultes voyaient d'un mauvais œil ce fait que dans tous les domaines les esclaves pouvaient accéder à l'excellence comme tout homme et toute femme par l'instruction, tentaient de limiter leur accès à certains emplois comme cela s'est vu si longtemps en Afrique du Sud. Mais le pouvoir émancipateur de l'Ecole a fini par donner une conscience citoyenne à ces hommes de leurs droits. Ils ont contribué ainsi également à leur propre libération.

On doit dire que dans certaines situations particulières, des personnes ont allégé souvent le sort misérable de ces esclaves du seul fait de l'existence au fond de chacun d'une conscience morale. Il y a aussi des métissages inévitables et inattendus qui ont créé parfois les premiers liens naturels !
Les marins de Dieppe ne furent pas les derniers
à s'adonner au trafic lucratif, mais destructeur qui a enrichi les "grandes puissances" du moment, mais charge encore les consciences.

La traite fut défendue  en 1778 par l'Etat de Virginie et en 1780, 1787 et 1788 par la Pennsylvanie, le Massachusetts et le Connecticut.

En Europe il y avait déjà aussi des mouvements de réprobation de la traite