Parmi les idées reçues, une des mieux établies concerne la vitesse. Pour
certains, la vitesse n'est pas une cause d'accidents.
Ceux qui défendent cette thèse avec le plus d'acharnement sont ceux qui se
considérant comme de très bons conducteurs, s'autorisent
aussi tous les dépassements.
Pourtant, les chiffres sont là. Ils montrent que la vitesse est toujours
présente dans un accident, soit comme cause directe, soit parce que mal
adaptée aux circonstances du terrain, de la météorologie, à la densité de la
circulation et à l'encombrement de la route. La vitesse est présente dans un
accident sur deux.
il y a les lois de la physique et de la mécanique . La plus petite voiture
voit son poids s'élever à 9000 kg à 90 km/h .
Quel que soit le bon réflexe du conducteur à un moment donné, et dans les
meilleures conditions, le distance avant l'arrêt de la voiture est de 165
mètres à 130 km/h pour s'élever à 250M à 180 km/h
La vitesse est toujours cause aggravante
d'un choc, cela est évident. Mais elle devient cause le plus souvent
parce qu'elle n'était pas adaptée. Rouler à 90 km/h sur autoroute peut
provoquer un accident. Rouler à 70 km/h en ville est tout aussi
dangereux.
Les ingénieurs et les constructeurs ont fait
faire des progrès considérables à la sécurité passive des véhicules;
celle qui peut diminuer la gravité du traumatisme consécutif à un choc.
Mais si de leur côté les conducteurs vont chaque fois à la limite de
cette sécurité, aucune route ne sera assez sûre et ni aucune voiture .
Y a-t-il un profil type des conducteurs amateurs de dépassements de
vitesse ?
Là aussi, les statistiques montrent que tout ce qui au physique ou au
social donne un sentiment de force, d'assurance, de domination, va se
traduire dans le comportement routier. On a moins de 40 ans, on appartient à un
milieu social aisé; ou bien on est jeune, adroit, en pleine force, alors
on s'amuse à rouler vite pour le plaisir, pour éblouir ou susciter
l'admiration de son passager ou de sa passagère. En pratique, ce sont
les jeunes qui sont dans la plus grande proportion, victimes de la
route.
Les
jeunes de 18-24 ans sont bien représentés dans les
statistiques des accidents de la route .
Ils sont 9 % de la population, et en 2008 on a
22 % de jeunes tués (958 tués) et 22 % des blessés (20 760
blessés).
Nous avons tous croisé déjà la voiture pleine de ces jeunes
qui vont ou qui reviennent de la fête et qui chahutent à
grande vitesse sur la route, non loin de leurs domiciles ou
au milieu de la circulation urbaine.
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Il y a aussi l'état de santé, les médicaments, les drogues et la drogue
alcool. Celui qui se sent très bien, ne sait pas forcément qu'il n'est
pas tout au long de la journée à tout instant, au top de la forme et de
la vigilance. Quand il est sous l'effet de l'alcool ou de quelque autre
drogue licite ou non, à quelque dose que ce soit, il se surévalue et
prend encore plus de risques.
2000 jeunes entre 15 et 24 ans sont tués chaque année en France, et 10
000 sont blessés gravement. Ceux qui avouent ne jamais rechercher
l'excès de vitesse ne sont que 7%. Pour beaucoup de jeunes, la vitesse
est un risque recherché. La vitesse toujours dépassée en tout , à tout
prix, est un critère de réussite technique ou individuelle dans le monde
actuel. On n'a pas besoin de savoir si elle aboutit à l'efficacité; en
soi elle est vue comme valorisante. Ce modèle en tout cas promu partout,
s'impose aux jeunes. Pourtant, sur le parcours le plus
fréquent de 10 km que nous faisons chaque jour, un dépassement de 20km/h
de la vitesse autorisée, ne nous donne pas un gain d'une minute sur
notre horaire. Le risque que nous prenons pour nous et pour les autres
ne nous permet pas de compenser un retard.
Dans son bulletin de mars 2001, la Maif fait des comparaisons parlantes
pour faire prendre conscience de l'effet de la vitesse.
A 30 km/h, on tombe de 3,5 mètres. A 60 km/h, on tombe de 5 étages, soit
15 m. A 150km/h, on tombe de 88 m (29 étages).
On peut lire aussi des chiffres qui devraient aider à la réflexion.
Quand on a abaissé la vitesse en ville de 60 à 50 km, on a aussitôt
constaté une diminution de 14% des accidents et de 15% des tués en zone
urbaine.
Aux États-Unis, le simple fait d'autoriser dans certains états la
vitesse à seulement 105 km/h a provoqué une augmentation de 18%
des tués sur la route.
Pensons à celui qui est en face: Vous heurtez un piéton à 20 km/h,
le risque de décès pour lui , est de 10%; ce risque est de 30% à 40
km/h, 85% à 60 km/h et mortel dans tous les cas à 80 km/h.
Il ne faut pas simplement avoir peur de ces données, mais il faut en
prendre conscience, et les intégrer dans notre comportement sur la
route.
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