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Violence conjugale - Femmes info-service
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Collectif féministe contre le viol -
Viols femmes information
0800 05 95 95 (appel gratuit)
du lundi au vendredi de 10h à 19h.
9 villa d'Este 75013 Paris
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La violence conjugale est presque toujours celle d'un
homme à l'égard d'une femme. Cette violence conjugale est
bien spécifique. Elle n'est pas le fait d'un homme reconnu
comme violent dans son entourage, sa famille ou ses
collègues de travail. La bonne réputation est sa meilleure
garantie qui le protège des allégations et plaintes de sa
victime. On entendra:
-" Comment peut-on croire qu'un voisin aussi sympathique
puisse être un mari violent?"
- "La prétendue victime est affabulatrice, jalouse de la
réputation de son mari."
- "Elle est un peu dérangée, et c'est le mari qui est à
plaindre."
Une femme sur six est victime de violences physiques; est-ce
croyable? Et toutes les violences confondues, le chiffre
est bien plus considérable. Il y a des coups donnant lieu à
des hospitalisations ou pas; il y a les homicides qui
touchent particulièrement les femmes jeunes.
Mais la violence faite à la compagne ou à l'épouse n'est pas
seulement physique. Elle peut être psychologique; verbale
quand le mari ridiculise sa femme en public ou en privé;
quand il répond par l'ironie pour dénigrer ses préférence et
ses goûts; quand il exige d'elle une certaine façon de
s'habiller, de s'exprimer en public; quand il contrôle ses
déplacements, ses fréquentations et ses dépenses
personnelles. Cet homme n'est pas violent, mais il sait
faire des blagues déplaisantes devant son auditoire
familier. Il fera un chantage pour la contraindre à suivre
ses recommandations et ses directives; il va contrarier un
projet auquel tient sa femme. Lors des relations sexuelles,
il peut exiger d'elle ce qu'il veut pour son plaisir et sa
fantaisie sans tenir compte de l'avis de sa victime. Si une
femme qui lit cet article se trouve dans une de ces
situations, elle doit non seulement admettre qu'elle est
victime de la violence d'un homme, mais elle doit aussi se
persuader qu'il n'y a aucune raison pour que cette situation
cesse ou s'améliore. Un homme qui commence à se moquer de sa
femme, à la ridiculiser ou la brutaliser, n'a aucune raison
de s'amender.
Au contraire, il a commencé ses provocations en privé; elle
vont continuer dans le cadre de la famille, dans un magasin
ou en quelque lieu public. Si elle tient à la compagnie de
ses enfants, à un trait particulier de leur éducation, à une
relation proche avec sa famille..., il va jouer sur ces
points-là pour l'humilier.
On cessera de s'étonner que la femme subisse longtemps ces
brimades avant d'en parler ou de se révolter quand on
pensera à toutes les raisons bonnes et mauvaises - toujours
mauvaises- qui l'emprisonnent. (Voir
l'article)
Une autre raison importante tient au système social machiste
lui-même qui "forme" garçon et fille dès l'adolescence à
jouer chacun son rôle.
Dans l'adolescence, parmi les personnages des groupes de
jeunes, le fait d'avoir sa "fille" sur laquelle on a
autorité est un argument de prestige. La fille elle-même
veut plaire à "son gars", profite de sa notoriété, et va
jouer le rôle qu'on attend d'elle, c'est à dire l'abandon de
toute autonomie. Quand elle dira "non" à une décision ou une
proposition qui lui est faite, il n'en sera pas tenu compte:
le "non" d'une fille ne compte pas.
La responsabilité des
parents dans l'éducation des filles en particulier est de
leur donner confiance en elles-mêmes et de refuser tout
système qui les place dès l'adolescence sous la coupe d'un
garçon. Beaucoup de filles ont entendu le garçon qu'elles
aiment leur dicter comme condition, leur façon de
s'habiller, les gens à qui elles doivent parler et le type
de relation qu'elle doivent avoir avec celui-ci ou
celui-là.
Mais il faut redire que le modèle est appris dès l'enfance
au sein de la famille. Dans les familles où l'homme est
dominateur et contraint la femme au silence, la fille est
prête à l'obéissance docile et à la soumission dans le rôle
qui était celui de sa mère. Au contraire, si dans la famille
les rôles sont normalement équilibrés, devenue femme, la
fille gardera son autonomie de personne raisonnable et ne
laissera pas la direction de ses choix de vie à un homme
dominateur. C'est que pour l'enfant et l'adolescent, la
famille est le modèle social et le lieu des premiers
apprentissages. |
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